
Le Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque centrale du Congo (BCC) a décidé de maintenir son taux directeur à 12,5 %, ainsi que le taux de la facilité de prêt marginal à 16,5 %. Ces décisions ont été prises jeudi 8 octobre 2026 à Kolwezi, dans la province du Lualaba, lors de sa réunion ordinaire.
Réuni sous la présidence du gouverneur de la BCC, André Wameso Nkualoloki, le CPM a également décidé de reconduire les coefficients de la réserve obligatoire à 10,5 % et 0 % pour les dépôts à vue et à terme en monnaie nationale, ainsi qu’à 11,5 % et 10,5 % pour les dépôts à vue et à terme en devises.
La Banque centrale a, par ailleurs, décidé de rémunérer à 0,5 % la réserve obligatoire levée sur les dépôts en monnaie nationale et de dégeler une partie de la réserve obligatoire cristallisée.

Ces décisions reposent notamment sur l’analyse de l’évolution récente de la situation économique, monétaire et financière, ainsi que sur les perspectives de stabilité du cadre macroéconomique en RDC.
Selon la BCC, l’activité économique mondiale demeure plus résiliente que prévu, malgré les effets du conflit au Moyen-Orient et le niveau élevé des prix de l’énergie. La croissance mondiale devrait atteindre 2,9 % en 2026, avant de remonter à 3 % en 2027, tandis que l’inflation mondiale devrait passer de 4,1 % en 2026 à 3,6 % en 2027.
La croissance congolaise projetée à 5,4 %
Au niveau national, l’activité économique devrait rester favorable en 2026, malgré un léger ralentissement. La croissance du PIB réel est projetée à 5,4 %, contre 5,7 % en 2025.
La BCC relève également une contribution croissante des secteurs hors-mines à la création des richesses, traduisant une tendance à la diversification de l’activité économique en RDC.
La croissance du PIB réel est projetée à 5,4 % en 2026, contre 5,7 % en 2025. Le CPM note également une contribution croissante des secteurs hors-mines à la création des richesses, ce qui traduit, selon lui, une tendance à la diversification de l’économie congolaise.
En revanche, le rythme de formation des prix intérieurs s’est accéléré. L’inflation en cumul annuel est passée de 4,83 % à fin juin 2026 à 7,25 % à fin septembre 2026.
La BCC explique cette évolution notamment par la hausse des prix des produits alimentaires, particulièrement les céréales, les perturbations des chaînes mondiales d’approvisionnement, mais aussi par des tensions ponctuelles sur les prix dans plusieurs villes liées à la situation sécuritaire dans l’Est du pays et à l’impact de l’épidémie de la maladie à virus Ebola.
Le marché des changes reste sous contrôleConcernant le marché des changes, la Banque centrale estime que la situation demeure sous contrôle.
Au 30 septembre 2026, le dollar américain s’échangeait à 2.267,80 CDF sur le marché interbancaire et à 2.325,56 CDF sur le marché parallèle.Par rapport à fin juin, le franc congolais s’est déprécié de 1,05 % sur le marché interbancaire, alors qu’il s’est apprécié de 0,13 % sur le marché parallèle.
Les réserves internationales se situaient, pour leur part, à 7,8 milliards de dollars américains au 29 septembre 2026, soit l’équivalent de 2,96 mois d’importations de biens et services.
Des perspectives plus favorables en 2027
Pour 2027, le CPM table sur une amélioration du cadre macroéconomique.
L’inflation devrait atteindre 8,90 % à fin 2026, avant de revenir à 6,40 % en 2027. Le taux de change devrait, quant à lui, se situer autour de 2.270 CDF pour un dollar à fin 2026 et de 2.294,20 CDF à fin 2027.
Dans ce contexte, la BCC estime que le maintien d’un taux d’intérêt réel suffisamment positif devrait contribuer à contenir la progression du niveau général des prix.
La BCC maintient sa vigilance face aux risquesLe Comité de politique monétaire relève toutefois plusieurs risques susceptibles d’affecter ces perspectives. Il cite notamment une éventuelle aggravation du conflit au Moyen-Orient et la volatilité des cours des produits de base.
Sur le plan national, la poursuite de l’insécurité dans l’Est de la RDC ainsi que l’évolution de la situation sanitaire liée à la maladie à virus Ebola figurent également parmi les facteurs de risque identifiés par la BCC, notamment en raison de leurs effets potentiels sur les finances publiques.
La Banque centrale assure rester déterminée à surveiller l’ensemble des facteurs susceptibles de perturber le cadre macroéconomique et se dit prête à activer ses instruments de politique monétaire et de change en cas de nécessité.
La prochaine réunion ordinaire du Comité de politique monétaire est prévue le 12 janvier 2027 à Kinshasa.
(COMMUNIQUE DE PRESSE) 👇👇👇👇👇

