
À la veille de la marche annoncée pour le 15 septembre 2026, l’ambassadeur PCA Jean-Thierry Monsenepwo monte au créneau pour critiquer l’initiative portée notamment par la coalition C64 et « Sauvons le Congo ». Il appelle les Congolais à la sérénité et défend la voie du dialogue national engagée par le président Félix Tshisekedi.
Pour Jean-Thierry Monsenepwo, la récente ordonnance présidentielle fixant le cadre et la forme du Comité chargé d’actionner le Dialogue national constitue « un pas majeur », qu’il estime salué par l’opinion nationale et internationale.
Mais cette démarche est, selon lui, remise en cause par le C64 et « Sauvons le Congo », qui ont annoncé leur opposition au processus. L’ambassadeur PCA dénonce une contradiction dans leur position : « Ils prétendent parler au nom du Peuple, mais refusent que le Président consulte ce même Peuple », estime-t-il.
« Le mensonge du troisième mandat »
Sur le fond, Jean-Thierry Monsenepwo rejette l’argument selon lequel le dialogue viserait à permettre un troisième mandat au président Tshisekedi.
« Personne, nulle part, n’a parlé d’un troisième mandat », affirme-t-il, considérant que cette accusation vise à « faire peur » aux Congolais.
Il conteste également l’idée selon laquelle Félix Tshisekedi ferait partie du problème sécuritaire qui frappe la RDC. Selon lui, la crise dans l’Est du pays trouve ses racines dans une période remontant à 1996, soit bien avant l’arrivée de Félix Tshisekedi à la présidence.
La situation sociale au cœur de la controverse
Jean-Thierry Monsenepwo rejette par ailleurs les critiques sur la gestion sociale du pays. Il cite notamment la construction du bâtiment administratif de Bagata grâce au Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T), ainsi que plusieurs réalisations qu’il attribue à l’action du gouvernement.
Il évoque notamment la gratuité de l’enseignement primaire, la construction des routes et des ponts, la gratuité de la maternité ainsi que le financement de projets portés par des jeunes.
L’ambassadeur PCA affirme également que la RDC aurait gagné quatre places au classement de l’Indice de développement humain, en se référant à la Banque mondiale.
« Le meilleur endroit pour se faire entendre, c’est autour de la table du dialogue »
Concernant la marche annoncée le 15 septembre, Jean-Thierry Monsenepwo estime que ses initiateurs sont libres de manifester, à condition de respecter les libertés des autres citoyens et l’intérêt général.
Il appelle surtout la population à ne pas céder à ce qu’il qualifie de « chant des sirènes du désespoir ».
« J’en appelle donc à la sérénité de nos compatriotes. Ne suivons pas le chant des sirènes du désespoir. Continuons à faire confiance au Chef de l’État », déclare-t-il.
Pour lui, la solution aux divergences politiques doit être recherchée autour de la table plutôt que dans la rue : « Le meilleur endroit pour se faire entendre, ce n’est pas dans la rue, c’est autour de la table du dialogue. »
À quelques heures de la mobilisation annoncée, cette prise de position vient ainsi renforcer le débat autour du Dialogue national et de la stratégie à privilégier face à la crise politique et sécuritaire que traverse la RDC.