
À l’occasion du centenaire de l’Entreprise Générale Malta Forrest (EGMF), George-Arthur Forrest est revenu sur un siècle d’histoire de sa famille en République démocratique du Congo, mais aussi sur sa vision de l’avenir du pays.
Né à Lubumbashi et ayant grandi à Kolwezi, le président du Groupe Forrest International revendique un attachement particulier à la RDC, où sa famille construit depuis 1922 une histoire entrepreneuriale étroitement liée à celle du pays.
Dans un entretien accordé à Mining & Business Magazine en 2022, George-Arthur Forrest évoquait notamment son parcours, la transmission du groupe à la nouvelle génération, ses ambitions dans l’agriculture ainsi que sa conception du développement de la RDC.
De Malta Forrest à la troisième génération
L’histoire familiale commence en 1922 à Kolwezi avec la création de l’Entreprise Générale Malta Forrest par son grand-père, Malta Victor Forrest.
Un siècle plus tard, George-Arthur Forrest considère cette longévité comme le fruit d’un parcours marqué par de nombreuses difficultés, mais également par la volonté de préserver et de créer des emplois en RDC.
À l’entrée du groupe dans son deuxième siècle d’existence, la transmission à la nouvelle génération est déjà engagée. George-Arthur Forrest a confié la direction opérationnelle du Groupe Forrest International à son fils Malta David Forrest, tout en demeurant président du groupe.
Ses autres enfants sont également appelés à participer à la poursuite de l’aventure familiale.« Notre parcours est un long chemin rempli de difficultés », déclarait-il lors de la célébration du centenaire, en mettant également en avant le rôle des travailleurs dans la réussite de l’entreprise.
Pour lui, l’objectif reste le même : préserver l’emploi et poursuivre le développement des activités en RDC.
L’agriculture comme nouveau moteur
Après plusieurs décennies d’activités dans les secteurs minier, industriel, des travaux publics et de la construction, George-Arthur Forrest entend également renforcer son engagement dans l’agriculture.
Il évoquait notamment un important cheptel bovin, de vastes superficies agricoles ainsi que plusieurs projets de transformation industrielle.
L’ambition est de développer une chaîne complète, allant de la production agricole à la transformation et au produit fini en RDC.
Maïs, soja, blé, minoterie, biscuiterie ou encore fabrication de mayonnaise figurent parmi les projets évoqués.
L’objectif est de réduire la dépendance du pays aux importations et, à terme, de permettre à la RDC d’exporter certains produits.
« De la terre aux produits finis localement », résumait-il, défendant ainsi une approche fondée sur la transformation locale des matières premières.
George-Arthur Forrest estime que le potentiel agricole de la RDC demeure largement sous-exploité. À ses yeux, le pays ne doit pas être considéré uniquement à travers ses ressources minières, mais également à travers ses possibilités dans l’agro-industrie.
« Le pays est agro-industriel »
Dans cette vision, l’agriculture peut contribuer à créer davantage d’emplois, à produire localement une partie des biens importés et à attirer de nouveaux investissements.
George-Arthur Forrest reconnaît toutefois qu’un seul groupe ne peut, à lui seul, transformer l’économie congolaise. Il considère néanmoins que les initiatives privées peuvent contribuer à créer une dynamique susceptible d’attirer d’autres investisseurs.
Cette vision s’inscrit dans une ambition plus large : faire de la RDC un important espace de production agricole et de transformation.
Sécurité, justice, douanes et éducation
Pour George-Arthur Forrest, plusieurs conditions sont nécessaires au développement économique de la RDC.
La sécurité figure parmi les priorités. Il estime que la paix et la libre circulation des personnes sont indispensables à l’activité économique et aux investissements.
Il insiste également sur la justice et sur la nécessité de créer un environnement dans lequel les investisseurs peuvent avoir confiance.
Les douanes et la mobilisation des recettes publiques occupent également une place importante dans son analyse. Il appelle à davantage d’efficacité dans les services publics et à une lutte plus rigoureuse contre les pratiques qui privent l’État de ressources.
L’éducation constitue un autre pilier de sa vision. George-Arthur Forrest met particulièrement l’accent sur la formation technique et professionnelle, estimant que le développement du pays nécessite des mécaniciens, techniciens, électriciens, informaticiens et autres compétences pratiques.
Un appel à la jeunesse congolaise
Pour George-Arthur Forrest, la jeunesse représente l’une des principales forces de la RDC.
Il encourage les jeunes Congolais à accorder une importance particulière à leurs études et à leur formation afin de participer au développement du pays.
Il appelle également ceux qui ont étudié à l’étranger à revenir en RDC avec leurs connaissances et leur expérience pour contribuer au développement national.
Un « rêve congolais »
Au-delà de l’entreprise familiale, George-Arthur Forrest développe une vision à long terme pour la RDC.
Il cite notamment les ressources minières, les terres agricoles, l’eau, les forêts et le potentiel humain parmi les principaux atouts du pays.
Selon sa vision, ces richesses peuvent permettre à la RDC de connaître un développement considérable si les conditions de sécurité, de bonne gouvernance, de justice, de formation et de respect des règles sont réunies.
Il évoque ainsi la possibilité de voir émerger un véritable « rêve congolais », porté par une jeunesse formée, des entreprises capables d’investir dans la production locale et un État doté d’institutions efficaces.

Cent ans après, la même ambition
En 2022, George-Arthur Forrest résumait le passage entre les générations : son grand-père avait lancé l’aventure en 1922, lui-même avait développé et internationalisé le groupe, tandis que la nouvelle génération devait désormais poursuivre le chemin.
« Ensemble, mes quatre enfants continueront à vous accompagner », avait-il déclaré aux travailleurs de l’EGMF lors de la célébration du centenaire.
Un siècle après la création de l’Entreprise Générale Malta Forrest à Kolwezi, George-Arthur Forrest présente ainsi la transmission familiale comme une nouvelle étape plutôt qu’une fin.
Son projet demeure étroitement lié à la RDC : investir, produire, créer de l’emploi et contribuer, selon sa vision, à transformer les ressources du pays en développement économique.
Gary Ngali