La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a porté, à la tribune des Nations unies, un message axé notamment sur la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo et sur la nécessité de mettre en œuvre les engagements internationaux déjà pris. Dans une analyse consacrée à son intervention, l’ambassadeur PCA Jean-Thierry Monsenepwo estime que la RDC doit désormais obtenir des résultats concrets de ces engagements.‎‎« Nous n’attendons pas de nouveaux textes pour remplacer ceux qui ont déjà été adoptés. Nous attendons leur exécution », a déclaré Judith Suminwa.

‎‎Pour Jean-Thierry Monsenepwo, cette déclaration place la communauté internationale face à la question de l’application effective des décisions déjà adoptées concernant la crise dans l’Est de la RDC.‎‎

Selon lui, l’enjeu n’est plus uniquement l’adoption de nouvelles résolutions ou la multiplication des engagements diplomatiques, mais leur mise en œuvre effective.‎‎

« Lorsque les textes s’accumulent et que la souffrance persiste, c’est la crédibilité de ceux qui promettent qui finit par être mise en cause », écrit-il, en faisant notamment référence au Conseil de sécurité des Nations unies.

Sécurité et responsabilité internationale

‎‎L’analyse revient sur la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, ainsi que sur les démarches diplomatiques engagées pour tenter de mettre fin à la crise.

‎‎Pour Jean-Thierry Monsenepwo, l’application des engagements internationaux doit permettre de déterminer clairement les responsabilités, les comportements qui doivent cesser et les résultats attendus.

‎‎Il estime également que la paix doit être appréciée à partir de ses effets sur les populations. Le retour des familles dans leurs localités, la réouverture des écoles, la circulation sur les routes et la capacité des autorités à assurer la protection des citoyens constituent, selon lui, des indicateurs concrets.‎‎

La souveraineté au cœur du discours‎‎Jean-Thierry Monsenepwo inscrit par ailleurs l’intervention de Judith Suminwa dans la continuité de la vision défendue par le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

‎‎Il estime que la cohérence entre la Présidence et le Gouvernement constitue un élément important dans la défense des intérêts de la RDC sur la scène internationale.‎‎

« Un partenaire doit comprendre que les engagements défendus par la Présidence se prolongent dans l’action du Gouvernement », souligne-t-il.‎‎

Cette cohérence doit notamment permettre à la RDC de défendre sa souveraineté, de protéger son territoire et de faire valoir ses intérêts dans ses relations avec ses partenaires.

Transformation locale des minerais‎‎

L’analyse aborde également la dimension économique du discours de la Première ministre.

‎‎Judith Suminwa a notamment mis en avant la transformation locale des minerais, le développement des compétences et la création d’emplois. Elle a également insisté sur les questions liées à la traçabilité et à la responsabilité des acteurs intervenant dans les chaînes de valeur.‎‎

Pour Jean-Thierry Monsenepwo, disposer de ressources naturelles ne signifie pas nécessairement maîtriser la richesse qu’elles génèrent.

‎‎Il estime que la RDC doit renforcer ses capacités de transformation, ses compétences techniques, son accès au financement et aux marchés afin de mieux tirer profit de ses ressources.

‎‎« L’importance stratégique du Congo doit devenir une force de négociation au service des Congolais », écrit-il.

La sécurité, un enjeu économique‎‎Dans son analyse, l’ambassadeur PCA établit également un lien entre la situation sécuritaire dans l’Est et les ambitions économiques de la RDC.

‎‎L’insécurité, relève-t-il, affecte les investissements, les échanges commerciaux, les moyens de subsistance des populations et l’autorité de l’État.‎‎

La sécurité du territoire et la transformation économique doivent ainsi être envisagées comme deux enjeux complémentaires de la souveraineté nationale.‎‎

Une obligation de résultats pour le Gouvernement

‎‎Jean-Thierry Monsenepwo estime toutefois que l’exigence adressée à la communauté internationale doit également s’accompagner d’une obligation de résultats au niveau national.

‎‎La gouvernance, la protection des citoyens, la transparence et l’efficacité administrative participent, selon lui, à la capacité de la RDC à défendre ses intérêts sur la scène internationale.

‎‎« Réclamer l’exécution des engagements internationaux donne davantage de force à l’obligation de résultats sur le plan intérieur », souligne-t-il.‎‎

Il considère ainsi que le suivi des engagements internationaux, la mobilisation des partenaires et l’obtention d’avancées vérifiables doivent désormais prolonger le plaidoyer porté par la Première ministre.

Par ailleurs, l’ambassadeur PCA Jean-Thierry Monsenepwo réaffirme que l’intervention de Judith Suminwa à l’ONU traduit une volonté de relier la sécurité des populations, la défense de la souveraineté et les ambitions économiques de la RDC.‎‎

« Une parole d’État devient une force lorsqu’elle organise l’action après avoir fixé le cap », conclut-il.

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