
Kinshasa, 22 juillet 2026 – Le député national réélu du territoire d’Irumu, dans la province de l’Ituri, Paul Babangu Wababu, a salué la décision du président de la République, Félix Tshisekedi, de convoquer un dialogue inclusif, qu’il considère comme « une marque de sagesse et de hauteur ».
« Le choix de la concertation est une marque de sagesse et de hauteur. En diplomatie, le dialogue permanent demeure un impératif, car même au lendemain d’une victoire militaire, les traumatismes et les conséquences de la guerre restent profondément ancrés dans la conscience collective de la société », a déclaré l’élu national.
Par ailleurs, Paul Babangu Wababu estime que l’histoire politique de la République démocratique du Congo impose une grande vigilance. Il rappelle que plusieurs processus de dialogue, de la Conférence nationale souveraine aux Accords de Sun City, ont souvent abouti à des arrangements de partage du pouvoir entre l’État et les groupes belligérants.
Selon lui, cette pratique a contribué à faire de la prise des armes un moyen d’accéder aux responsabilités politiques ou militaires. Il souhaite ainsi que ce nouveau dialogue rompe avec cette logique et soit exclusivement consacré à la recherche de solutions durables aux défis du pays.
Pour une résolution définitive de la crise sécuritaire plutôt qu’un partage des postes
Le député national plaide pour que ce nouveau dialogue ne se transforme pas en une « foire aux postes », mais qu’il permette de dégager des réponses durables à la crise sécuritaire liée à l’agression rwandaise que subit la RDC depuis plus de trois décennies.
« Ce dialogue ne doit pas être une foire aux postes, mais doit se concentrer sur trois enjeux essentiels : la résolution définitive de la crise sécuritaire et humanitaire, l’organisation rigoureuse et transparente des prochaines élections, ainsi que la possibilité de réviser ou de changer la Constitution selon les aspirations du peuple congolais », a-t-il insisté.
Renforcer et moderniser les services de sécurité
Paul Babangu Wababu appelle également au renforcement des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), à travers la mise en place d’une armée républicaine, moderne, disciplinée et dotée des moyens nécessaires pour garantir la souveraineté nationale.
Il préconise en outre un assainissement des services de défense et de sécurité afin d’écarter les éléments dont la loyauté envers la Nation est remise en cause, tout en soulignant que la recherche de la paix ne doit en aucun cas conduire à l’impunité.
« La réconciliation ne peut être durable sans justice. Les auteurs des crimes graves commis contre les populations civiles doivent être jugés et les victimes doivent obtenir réparation », a-t-il affirmé.
Justice, réformes et fermeté sécuritaire
L’élu d’Irumu met enfin en garde contre toute tentative d’utiliser le dialogue comme un simple mécanisme de redistribution des responsabilités. Selon lui, une telle approche risquerait de reproduire les frustrations du passé et d’alimenter de nouvelles crises.
Il appelle les forces de défense et de sécurité à maintenir un haut niveau de vigilance durant cette période de pourparlers afin d’empêcher les groupes armés, notamment l’AFC/M23 et les ADF, de profiter d’un éventuel relâchement pour intensifier leurs actions de déstabilisation du pays.
Gary Ngali