Le rapport final S/2026/466 du Groupe d’experts des Nations unies sur la République démocratique du Congo, publié le 5 juin 2026, continue d’alimenter le débat politique. Dans une tribune au ton particulièrement sévère, l’ambassadeur et PCA Jean Thierry Monsenepwo estime que les conclusions de ce document marquent une rupture historique dans l’appréciation du rôle de l’ancien président Joseph Kabila dans la crise sécuritaire qui secoue l’est du pays.

L’auteur s’appuie notamment sur les paragraphes 119 à 123 du rapport, dans lesquels Joseph Kabila est mentionné dans ce que les experts des Nations unies décrivent comme l’écosystème politique et sécuritaire de l’AFC/M23. Pour Jean Thierry Monsenepwo, cette référence constitue un tournant majeur pour celui qui fut Président de la République et Commandant suprême des Forces armées de la RDC (FARDC) pendant dix-huit ans.

Selon lui, voir le nom d’un ancien chef de l’État associé, dans un rapport des Nations unies, à une rébellion active dans l’est du pays représente une situation sans précédent dans l’histoire politique congolaise. Il considère que cette évolution jette une ombre durable sur l’héritage politique de Joseph Kabila.

Dans son analyse, Jean Thierry Monsenepwo souligne également les conclusions du même rapport concernant le général rwandais à la retraite James Kabarebe, présenté par les experts onusiens parmi les principaux responsables du soutien du Rwanda au M23. À ses yeux, cette situation accentue le contraste entre les responsabilités autrefois exercées par Joseph Kabila à la tête de l’État congolais et les accusations aujourd’hui relayées par les Nations unies.

Le PCA établit ensuite un parallèle avec l’histoire de France en évoquant le destin du maréchal Philippe Pétain, héros de la Première Guerre mondiale devenu symbole de la collaboration sous l’Occupation, par opposition au général Charles de Gaulle, figure de la Résistance. Selon lui, l’histoire retient sévèrement les dirigeants perçus comme ayant privilégié leurs intérêts personnels au détriment de ceux de leur nation.

Jean Thierry Monsenepwo affirme que Joseph Kabila aurait choisi, selon son interprétation du rapport, de s’associer à des acteurs qu’il considère comme responsables des violences qui frappent l’est de la RDC. Il évoque également des motivations politiques et va jusqu’à avancer une lecture spirituelle de cette évolution, une analyse qui relève de sa propre opinion et non des conclusions formulées par le Groupe d’experts des Nations unies.

En conclusion, l’ambassadeur lance un appel à l’ensemble de la classe politique congolaise. Face à la poursuite du conflit dans les provinces de l’Est, il estime que les responsables politiques, anciens comme actuels, doivent afficher une loyauté sans ambiguïté envers la République et son intégrité territoriale.

L’Ambassadeur PCA Jean Thierry Monsenepwo estime que l’heure n’est plus aux positions intermédiaires. Selon lui, chaque acteur politique est désormais appelé à assumer son choix devant l’histoire, dans un contexte où la défense de la souveraineté nationale demeure, à ses yeux, une exigence absolue

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *