Cent jours après son installation à la tête de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP), Juan Ted Beleshayi Kasanda revendique une première étape marquée par des réformes administratives, la digitalisation des services, le renforcement des contrôles et une nouvelle approche de la gestion financière.

‎‎Présentant, jeudi 1er octobre à Kinshasa, le bilan de ses 100 premiers jours, le directeur général de l’ARSP a également insisté sur l’accompagnement des entreprises congolaises, notamment à travers l’accès au financement et la mise en œuvre du contenu local.‎‎

Installé officiellement le 11 juin 2026, Ted Beleshayi avait placé son mandat sous le signe de l’action. « L’heure n’était plus aux longs discours, mais à l’action », avait-il déclaré lors de la remise et reprise.‎‎

Trois orientations structurent cette première phase : réformer, moderniser et réguler.

Sur le plan numérique, le DG de l’ARSP a engagé plusieurs chantiers, notamment la dématérialisation de l’enregistrement, le déploiement de la télédéclaration, la modernisation des outils informatiques et l’amélioration de la gestion des données.

‎‎L’objectif est de simplifier les procédures, réduire les lourdeurs administratives et améliorer l’accès aux services de l’institution.

‎‎La gestion financière constitue également l’un des principaux axes du bilan présenté. Le directeur général évoque notamment un audit des engagements et une rationalisation des dépenses, dans le but de renforcer la rigueur dans la gestion des ressources de l’établissement.

Renforcement des contrôles‎‎Sur le terrain, l’ARSP entend renforcer son dispositif de contrôle afin de veiller au respect de la législation sur la sous-traitance.

‎‎La reprise des inspections et le renforcement des contrôles de conformité doivent notamment permettre de lutter contre les pratiques non conformes.‎‎

Pour Ted Beleshayi, la régulation ne doit cependant pas se limiter au contrôle.‎‎

« Réguler ne signifie pas contrôler pour le plaisir de contrôler, mais plutôt faire respecter la loi et corriger durablement les trajectoires. La régulation doit servir de levier de croissance », a-t-il déclaré.

Cette orientation s’accompagne d’un processus de professionnalisation des contrôleurs et inspecteurs de l’ARSP.‎‎

La direction générale met également en avant la révision du cadre organique, la clarification des responsabilités, la création des fiches de postes et le renforcement de la discipline interne.‎‎

Les entreprises congolaises au centre de la stratégie

‎‎Au-delà de la réforme interne, l’ARSP veut accroître la participation des entreprises à capitaux majoritairement congolais aux chaînes de valeur de la sous-traitance.‎‎

Ted Beleshayi dit vouloir faire de l’institution une structure « lisible, accessible, prévisible et équitable », notamment pour faciliter l’accès des entreprises aux opportunités.‎‎

« Notre ambition absolue est de propulser les entreprises congolaises afin qu’elles saisissent les opportunités, exécutent leurs marchés et grandissent », a-t-il affirmé

La question du financement occupe une place importante dans cette stratégie.‎‎L’ARSP annonce le renforcement des échanges avec les banques et les institutions publiques à caractère financier, notamment le Fonds de promotion de l’industrie (FPI), afin d’élargir les possibilités de financement des PME.‎‎

L’objectif est notamment de permettre aux entreprises d’accéder aux fonds de roulement nécessaires à l’exécution de leurs marchés.‎‎

Le contenu local au cœur de la prochaine phase‎‎Autre chantier annoncé : la mise en œuvre du nouveau cadre légal sur le contenu local.‎‎

L’ARSP entend s’appuyer sur la Loi n° 26/018 du 30 juin 2026 relative au contenu local pour favoriser une plus grande participation des entreprises congolaises à la création de valeur.

‎‎La stratégie vise notamment la création d’emplois, le transfert de technologies et l’augmentation de la valeur ajoutée nationale.

Pour le DG Ted Beleshayi, la sous-traitance doit ainsi dépasser le seul cadre de la régulation pour devenir un instrument de développement des entreprises congolaises.‎‎

« Ces cent premiers jours ne sont pas un aboutissement, mais une fondation. La phase qui s’ouvre aujourd’hui sera celle de l’accélération autour des priorités claires », a-t-il déclaré.‎‎

La prochaine séquence devrait notamment porter sur l’intensification de la digitalisation, le renforcement des contrôles, la professionnalisation des équipes, la consolidation de la rigueur financière ainsi que le déploiement de l’ARSP sur l’ensemble du territoire national.

‎‎L’accès aux marchés et aux financements et l’application du cadre sur le contenu local figurent également parmi les priorités annoncées par la direction générale.

‎‎Après ces 100 premiers jours consacrés à la mise en place des bases de sa nouvelle dynamique, l’ARSP entend désormais passer à une phase d’accélération, avec l’ambition de renforcer son impact sur les entreprises à capitaux congolais et sur la chaîne de valeur nationale.

GARY NGALI

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