
Kinshasa, 18 août 2026
La Direction de l’Enseignement des Sciences de Santé (DESS) a clôturé, ce mardi 18 août à Kinshasa, un atelier de renforcement des capacités consacré à l’appropriation du Plan national de développement des établissements d’enseignement des sciences de santé (PNDESS) 2026-2030. Les travaux ont réuni les responsables de l’enseignement des sciences de santé issus des 26 provinces de la République démocratique du Congo.
Organisé sous les orientations du Secrétaire général à la Santé publique et Hygiène, Dr Body Robert Ilonga Bompoko, cet atelier a constitué un cadre de réflexion, d’échanges et d’appropriation du nouveau document de planification destiné à orienter le développement des établissements d’enseignement des sciences de santé du niveau secondaire au cours des cinq prochaines années.

Un plan inscrit dans les orientations nationales
Le PNDESS 2026-2030 s’inscrit dans la vision du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, en faveur d’une formation professionnelle au service de la nation. Dans son discours du 15 juillet 2025, le Chef de l’État avait notamment souligné l’importance de la formation professionnelle comme levier de croissance, d’inclusion et de souveraineté.
Dans cette perspective, le nouveau plan entend contribuer à la formation de professionnels de santé compétents et engagés, en cohérence avec les orientations du Plan national de développement sanitaire (PNDS) 2024-2033.

Le PNDESS 2026-2030 s’inscrit également dans la politique conduite par le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba Mulumba. Il vise notamment à renforcer la qualité, l’accessibilité et la pertinence des établissements de formation des professionnels de santé afin de répondre aux besoins croissants du système de santé en personnel qualifié.
Le document met ainsi l’accent sur la modernisation des infrastructures scolaires, l’amélioration de la formation des enseignants, l’intégration des innovations pédagogiques et technologiques ainsi que la promotion d’une gouvernance transparente et participative.
« Faire de nos établissements des centres d’excellence »

Pour le Secrétaire général à la Santé publique et Hygiène, Dr Body Robert Ilonga Bompoko, la réussite de cette démarche repose sur la mobilisation de l’ensemble des acteurs concernés.
« La réussite de cette ambitieuse démarche repose sur la mobilisation de tous les acteurs : autorités éducatives et sanitaires, enseignants, apprenants, communautés, partenaires techniques et financiers. Ensemble, nous œuvrons pour faire de nos établissements des centres d’excellence, capables de former des professionnels de santé compétents, responsables et dévoués à la santé de notre population », a-t-il déclaré.

Il a également appelé les différentes parties prenantes à accompagner la mise en œuvre du plan et à assurer un suivi régulier de ses progrès.
« Ce document constitue une étape importante dans notre parcours commun vers un système éducatif et sanitaire plus performant, inclusif et durable. Nous invitons toutes les parties prenantes à accompagner cette vision, à contribuer activement à sa mise en œuvre et à suivre avec vigilance ses progrès », a-t-il ajouté.

MSI met son expérience à contribution
Partenaire d’appui à cette initiative, Marie Stopes International (MSI) a également pris part aux travaux. Le Dr Sylvain Kasonga, directeur médical de MSI, a expliqué que son organisation, présente à Kinshasa depuis 2018, intervient notamment dans les domaines de la santé sexuelle et reproductive, de la planification familiale et des soins complets d’avortement.
Il a indiqué que MSI avait été invité à partager son expérience, notamment autour de l’approche communautaire de distribution des méthodes contraceptives.
Selon lui, la collaboration avec les établissements d’enseignement des sciences de santé vise également à créer des passerelles entre la formation et la pratique professionnelle, notamment en offrant aux élèves finalistes des opportunités d’apprentissage et, aux jeunes diplômés, des possibilités d’intégration dans le secteur.


Quatre chapitres et trois axes prioritaires
Le PNDESS 2026-2030 est structuré autour de quatre chapitres principaux :
1. Le contexte national ;
2. Le diagnostic des établissements d’enseignement des sciences de santé ;
3. Le cadre stratégique ;
4. Le cadre de mise en œuvre.
À travers ce plan, la DESS ambitionne de disposer, à l’horizon 2030, d’établissements d’enseignement des sciences de santé du niveau secondaire performants, inclusifs et capables de répondre aux besoins des communautés. Ils devront offrir un environnement favorable à l’enseignement-apprentissage, à la recherche et à l’innovation, tout en produisant des professionnels compétents et engagés au service de la santé de la population.

Le document repose sur trois axes prioritaires :
- l’amélioration de la gouvernance et de la gestion des établissements d’enseignement des sciences de santé ;
– l’amélioration de la couverture de l’approche par compétences (APC) dans ces établissements ;
– l’augmentation du nombre d’établissements offrant un cadre favorable à la maîtrise de la pratique professionnelle.

Quinze interventions prioritaires
Pour concrétiser ces orientations, le PNDESS prévoit notamment l’élaboration et l’actualisation des textes d’application de l’ordonnance relative à l’Enseignement technique médical, ainsi que la mise en place de mécanismes d’accréditation des établissements d’enseignement des sciences de santé du niveau secondaire.
Le plan prévoit également le renforcement des capacités managériales des acteurs chargés de la mise en œuvre de la réforme, l’intégration du numérique éducatif, la certification des compétences professionnelles des enseignants et la mobilisation de ressources additionnelles.
Il entend aussi généraliser l’approche par compétences et les nouvelles stratégies de santé, renforcer les compétences pédagogiques et cliniques des enseignants et des encadreurs de stages, promouvoir les filières spécifiques autres que la filière infirmière et améliorer la motivation ainsi que la fidélisation des acteurs de la réforme.

L’adéquation des programmes de formation, la modernisation des infrastructures et équipements pédagogiques et scolaires, l’amélioration de l’environnement d’apprentissage clinique, le renforcement des conditions d’accueil et de bien-être des apprenants ainsi que l’utilisation des outils du numérique éducatif figurent également parmi les interventions retenues.

Plus de 56 millions USD nécessaires sur cinq ans
La mise en œuvre du PNDESS 2026-2030 nécessitera des ressources estimées à 56 841 100 dollars américains sur cinq ans.
Cette enveloppe est répartie entre les trois axes prioritaires du plan : 827 000 dollars pour l’amélioration de la gouvernance et de la gestion des établissements d’enseignement des sciences de santé, 3 310 100 dollars pour l’amélioration de la couverture de l’approche par compétences et 52 704 000 dollars pour l’amélioration du nombre d’établissements offrant un cadre favorable à la maîtrise de la pratique professionnelle.

Les effets attendus portent notamment sur la mise en place d’un cadre institutionnel et managérial favorable au développement des établissements, l’amélioration de la qualité des prestations pédagogiques et l’engagement accru des acteurs, ainsi que la création d’un environnement d’enseignement-apprentissage inclusif permettant une meilleure maîtrise de la pratique professionnelle.
Le suivi et l’évaluation du plan devront, pour leur part, s’appuyer sur des instruments permettant de disposer de données fiables sur la gouvernance et la gestion des établissements d’enseignement des sciences de santé à travers le pays.

La DESS salue l’engagement des parties prenantes
À l’issue de l’atelier, Josué-Désiré Bapitani Bafuana, Directeur Chef des Services, a exprimé sa reconnaissance à l’ensemble des personnes et institutions ayant contribué à l’élaboration du PNDESS 2026-2030.
Il a particulièrement salué l’engagement et l’accompagnement du Secrétaire général à la Santé publique et Hygiène, Dr Body Robert Ilonga Bompoko, ainsi que l’appui de MSI dans l’élaboration du document.
Ses remerciements se sont également adressés aux experts, enseignants, gestionnaires et autres acteurs du secteur pour leurs contributions, ainsi qu’aux communautés locales, parents d’élèves, apprenants et différentes parties prenantes ayant participé aux consultations.
Josué-Désiré Bapitani Bafuana, conclu en disant que cette mobilisation collective constitue un atout majeur pour la réussite du plan

Le Plan National de Développement des Établissements d’Enseignement des Sciences de santé (PNDESS 2026-2030) se présente ainsi comme une feuille de route destinée à transformer progressivement les établissements d’enseignement des sciences de santé du niveau secondaire en véritables leviers de développement du système sanitaire congolais, avec pour ambition de contribuer à la formation d’un personnel de santé mieux préparé, compétent et capable de répondre aux besoins de la population à l’horizon 2030.