Une année après sa nomination à la tête du ministère des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Sakombi Molendo revient sur les principales actions engagées dans les secteurs de l’eau et de l’électricité. Dans une tribune intitulée « Une année pour poser les fondations », publiée en août 2026, le ministre présente les réformes institutionnelles, les projets d’infrastructures et les mesures d’urgence mises en œuvre depuis sa prise de fonctions.‎‎

Nommé le 13 août 2025, Aimé Sakombi Molendo affirme avoir inscrit son action dans la vision du président Félix-Antoine Tshisekedi et les orientations du gouvernement conduit par la Première ministre Judith Suminwa.‎‎

Pour le ministre, l’accès à l’eau potable et à l’électricité constitue un enjeu qui dépasse la seule fourniture de services publics.‎‎

« Rien de grand ne se bâtit sans eau, et rien de moderne ne s’édifie sans lumière », écrit-il.»

‎Dans le secteur de l’eau, une réforme institutionnelle engagée‎‎

Parmi les principales avancées citées figure l’adoption, en décembre 2025, de la Politique nationale du service public de l’eau (PNSPE).

‎‎Ce cadre doit notamment permettre d’améliorer la gouvernance du secteur, de mieux coordonner les investissements et de progresser vers un accès universel à l’eau potable.‎‎

Le ministère travaille également à l’opérationnalisation de l’Autorité de régulation du service public de l’eau (ARSPE). Cette structure doit contribuer à instaurer une régulation indépendante, transparente et crédible du secteur.‎‎

En parallèle, des investissements sont engagés pour augmenter l’offre d’eau potable à Kinshasa. Le programme porté par la REGIDESO prévoit notamment l’achèvement et la mise en service de nouvelles unités de traitement d’eau à Ozone, pour une capacité totale annoncée de 330 000 m³ par jour.‎‎

Électricité : priorité à la remise en service des infrastructures existantes‎‎

La réforme s’étend également aux provinces. Les procédures relatives aux systèmes d’alimentation en eau de Kananga et de Tshikapa ont été engagées, tandis que la création progressive de régies provinciales doit permettre de rapprocher la gestion du service public de l’eau des réalités locales.

Dans le secteur de l’électricité, Aimé Sakombi Molendo relève une progression du taux national d’accès, passé, selon les données présentées dans sa tribune, de 9 % en 2018 à 21,5 % en 2025.

‎‎Le ministre estime toutefois que ces résultats restent insuffisants au regard des besoins du pays.‎‎L’une des priorités affichées consiste à remettre en service des infrastructures déjà construites mais encore sous-exploitées.‎‎

À ce titre, il évoque 22 centrales rurales et périurbaines financées par l’État à travers l’ANSER. Seize d’entre elles ont été mises en service à titre transitoire en décembre 2025, dont deux en partenariat avec la SNEL, selon les chiffres communiqués par le ministre.‎‎

Le gouvernement mise également sur la relance de plusieurs projets hydroélectriques, dont Kakobola et Katende.‎‎

La centrale de Kakobola, d’une puissance installée de 10,5 MW, a notamment été mise en service pour contribuer à l’alimentation électrique de Kikwit et d’autres localités du Kwilu.‎‎

Le projet Inga 3 reste également présenté comme l’un des grands chantiers stratégiques pour répondre aux besoins énergétiques futurs de la RDC.

Plus de 2 000 MW de déficit dans le Lualaba et le Haut-Katanga

‎‎Le déficit énergétique demeure particulièrement important dans les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga. D’après les données reprises dans la tribune du ministre, le déficit dans ces deux provinces minières dépasse 2 000 MW.‎‎

Cette situation constitue un défi pour l’industrialisation et la transformation locale des minerais, alors que ces deux provinces concentrent une importante activité minière.‎‎

Le ministère affirme vouloir adapter davantage les réponses énergétiques aux besoins des différents bassins économiques du pays, notamment à travers une planification plus ciblée et des missions de terrain.

‎‎À Kinshasa, un plan d’urgence de 91,89 millions USD a également été lancé avec la SNEL. Il prévoit notamment le raccordement de zones non desservies, la réparation de pannes sur le réseau moyenne tension, la sécurisation de certains sites stratégiques ainsi que le renforcement de lignes critiques.

‎‎Le gouvernement veut renforcer l’attractivité du secteur‎‎

La réforme porte également sur la gouvernance et le cadre réglementaire du secteur de l’électricité.‎‎

Le gouvernement poursuit notamment les démarches de modernisation de l’Autorité de régulation de l’électricité (ARE), avec l’objectif d’améliorer le fonctionnement du secteur et de créer un environnement davantage favorable aux investissements privés.

‎‎En juillet 2026, un dialogue public-privé consacré notamment aux questions fiscales et à la mise en place d’un guichet unique a été organisé avec l’appui de la Banque mondiale et de la Fédération des entreprises du Congo (FEC).‎‎

Pour le ministère, la mobilisation des investissements privés demeure indispensable pour accompagner les besoins considérables de la RDC en infrastructures énergétiques.

La numérisation pour améliorer les services aux usagers‎‎

Autre axe mis en avant : la transformation numérique.‎‎

La SNEL a engagé la numérisation de certaines procédures, notamment celles liées aux demandes de paiement et de raccordement. La REGIDESO développe, de son côté, des outils destinés à automatiser plusieurs opérations, notamment le relevé des compteurs, la facturation et le suivi des abonnés.‎‎

L’objectif affiché est de réduire les déplacements des usagers, d’améliorer le traitement des réclamations et de renforcer la transparence dans la gestion des services publics.‎‎

Une première année consacrée aux « fondations »‎‎

Au terme de cette première année, Aimé Sakombi Molendo présente son bilan autour d’une idée centrale : poser les bases d’une transformation durable des secteurs de l’eau et de l’électricité.

‎‎Le ministre reconnaît néanmoins l’ampleur des défis qui restent à relever. Pour les prochaines années, l’enjeu sera de traduire les réformes institutionnelles et les investissements engagés en améliorations concrètes pour les populations.‎‎

L’objectif affiché est notamment de parvenir à une meilleure disponibilité de l’eau potable, à une fourniture d’électricité plus stable et à des services publics plus modernes, tout en renforçant la gouvernance et la participation du secteur privé.

DOCUMENTS👇👇

Gary Ngali

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *