À travers une déclaration au ton particulièrement offensif, Jean Thierry Monsenepwo s’en est pris au groupe C64, qu’il accuse de mener une « insurrection politique » contre les institutions de la République démocratique du Congo.
Dans une sortie largement relayée sur les réseaux sociaux, l’ambassadeur affirme avoir été interpellé récemment à Singapour par un haut magistrat étranger au sujet des prises de position du C64 contre les institutions congolaises et contre le président de la République, dans un contexte marqué par l’agression dans l’Est du pays.
Selon lui, les positions de la coalition Article 64 constitueraient une remise en cause de la Constitution ainsi que du droit du chef de l’État à initier une réforme constitutionnelle ou un référendum.
Une attaque frontale contre la coalition Article 64
Dans son argumentaire, Jean Thierry Monsenepwo développe trois principaux griefs contre cette plateforme politique.
Premièrement, il accuse le groupe de vouloir « bâillonner la Constitution » en contestant l’initiative présidentielle en matière de réforme constitutionnelle, prévue selon lui par l’article 218 de la Constitution.
Deuxièmement, il estime que les membres du C64 « refusent la parole au peuple » en s’opposant à l’idée d’un référendum populaire sur les réformes institutionnelles évoquées par le président Félix Tshisekedi.
Enfin, l’ambassadeur remet en cause le poids politique réel du collectif, qu’il accuse de surestimer sa représentativité populaire.
Des accusations de proximité avec les narratifs de l’AFC/M23
Jean Thierry Monsenepwo va plus loin en accusant certains membres du C64 de reprendre, selon ses termes, des « narratifs proches de Kigali et de l’AFC/M23 », au moment où la RDC fait face à une crise sécuritaire persistante dans l’Est.
S’appuyant sur les articles 5, 64, 211 et 218 de la Constitution ainsi que sur l’article 198 du Code pénal, il appelle ouvertement la justice congolaise à examiner les activités et les discours du groupe.
Plusieurs figures politiques citées
Dans sa déclaration, l’ambassadeur cite nommément plusieurs personnalités politiques de l’opposition, notamment Matata Ponyo, Moïse Katumbi, Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund et Delly Sesanga, qu’il accuse de manquer de cohérence politique et de chercher à fragiliser les institutions.
À l’inverse, il a salué les initiatives entreprises par Augustin Kabuya ainsi que par le professeur Mbata autour du débat sur la réforme constitutionnelle.
Cette sortie intervient dans un climat politique marqué par de vives tensions autour de l’éventualité d’une réforme de la Constitution et du rôle de l’opposition dans le débat démocratique en RDC.